Le Sommeil des Bébés : Entre Mythes et Réalités

Le sommeil des bébés et des enfants est un sujet qui préoccupe de nombreux parents. Lorsque bébé ne fait pas ses nuits, il peut sembler naturel de chercher des solutions pour améliorer son sommeil. Cependant, il est essentiel de distinguer les approches basées sur des mythes et des croyances obsolètes de celles qui s'appuient sur des données scientifiques solides.

bebe avec un cache oeil panda

  I.         Les Méthodes de Dressage et/ou de Déprogrammation :

A. La déprogrammation kesako?

Nous allons explorer ici certaines des "techniques miracles" qui sont souvent recommandées aux parents pour faire dormir bébé. Ces méthodes, parfois appelées méthodes d'extinction et/ou de déprogrammation, ont parfois des origines surprenantes. Elles sont influencées en partie par les travaux de John Watson, un pionnier de la psychologie comportementale. Il est important de comprendre que ces approches ne sont pas toujours adaptées aux besoins physiologiques des bébés.

Ces méthodes, y compris la "déprogrammation" et les méthodes de "pure extinction," impliquent de laisser progressivement l'enfant s'endormir seul, en espérant qu'il apprendra à s'apaiser seul, sans l'aide des parents. Les pleurs de l'enfant sont considérés comme une étape nécessaire de ce processus, ce qui peut être difficile pour les parents mais également pour les bébés et les enfants.

 

B. Exploration des Approches Controversées du Sommeil Bébé :

Les techniques destinées à faciliter le sommeil des bébés, souvent qualifiées de "solutions miracles," sont au cœur de ce premier volet.

Ces méthodes, également connues sous le nom de méthodes d'extinction ou de déprogrammation, ont des racines intrigantes qui remontent aux travaux du célèbre psychologue comportementaliste, John Watson. Watson, pionnier du comportementalisme, est renommé pour ses études sur la manière dont l'environnement façonne le comportement humain, basé sur la théorie de l'ardoise vierge.

Ces méthodes, inspirées par cette philosophie sont soi-disant utilisées pour aider les enfants à développer de meilleures habitudes de sommeil. Elles trouvent leur base dans les principes du comportementalisme.

La déprogrammation (ou "extinction pure") : consiste à réduire progressivement les comportements indésirables liés au sommeil d'un enfant tout en renforçant les comportements souhaités. Par exemple, si un enfant s'endort habituellement en étant bercé, les parents pourraient graduellement diminuer l'intensité du bercement jusqu'à ce que l'enfant puisse s'endormir sans cette aide. Un aspect essentiel de cette méthode est de ne pas répondre aux pleurs ou aux protestations d'un bébé ou d'un enfant pendant la nuit, dans l'objectif que l'enfant apprenne à s'endormir seul. Cette approche est ancrée dans le principe du renforcement négatif, où l'absence de réponse à un comportement indésirable vise à le réduire progressivement. A aucun moment de la nuit le parent n’est autorisé à aller voir et/ou rassurer son enfant.

C. Les conséquences

"En 2023, malgré l'accès à des données scientifiques solides démontrant que l'utilisation de méthodes d'entraînement au sommeil peut être préjudiciable au développement psycho-affectif de l'enfant, il est préoccupant de constater que ces discours controversés perdurent. Pourtant, lorsqu'un parent est confronté à des difficultés liées au sommeil de son enfant, il se voit souvent recommander des méthodes qui ne prennent pas en compte les besoins physiologiques des tout-petits ni le processus naturel du sommeil, qui est essentiel pour satisfaire l'un de leurs besoins fondamentaux. »

Certaines familles se voient conseiller de placer un nourrisson de seulement 2 mois dans son lit pour éviter la formation de mauvaises habitudes. Des préjugés persistent, comme l'idée que prendre trop souvent un enfant dans les bras ou l'allaiter est la cause des réveils nocturnes.

Pourtant, ignorer l'importance de la proximité entre parent et enfant, qui favorise la sécrétion d'ocytocine et renforce le lien d'attachement ainsi que la sécurité émotionnelle et affective des enfants, est un aspect problématique. De plus, il est crucial de noter que laisser un bébé pleurer déclenche la sécrétion de cortisol, l'hormone du stress, ce qui va à l'encontre du processus naturel d'induction du repos.

Une étude menée par des scientifiques et psychologues de l'université de Notre-Dame-du-Lac, dans l'Indiana, auprès de plus de 600 bébés, révèle que les enfants pris en charge par leurs parents à chaque pleur présentent moins d'anxiété et une meilleure santé mentale. De plus, d'autres experts en éducation de la petite enfance estiment que ces méthodes pourraient nuire au sentiment de sécurité de l'enfant, engendrer des épisodes de stress et même provoquer un rejet envers les parents."

  II.         Les Méthodes d’Extinctions Graduelles :

A. Exploration des approches d’extinction graduelles : Ferber et plus encore

Dans le domaine du sommeil infantile, les méthodes d'extinction graduelle suscitent un vif intérêt. Parmi elles, la "déprogrammation graduelle" (ou "extinction progressive") offrirait une approche pour aider les enfants à développer de meilleures habitudes de sommeil, en particulier pour l'endormissement et la réduction des réveils nocturnes fréquents. Elle implique une diminution progressive de l'intervention des parents lors du coucher de l'enfant. La plus connue de toute est la méthode du 5 - 10 - 15 minutes.

La méthode Ferber, popularisée par le Dr. Richard Ferber, est une variante de la déprogrammation graduelle. Dans son ouvrage "Solve Your Child's Sleep Problems," publié en 1985, Ferber décrit sa méthode qui implique des visites progressives auprès de l'enfant pendant la nuit. Cette méthode préconise des intervalles de visites pour rassurer l'enfant, tout en allongeant progressivement ces intervalles, notamment à 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, et ainsi de suite.

Il est important de noter que le Dr. Richard Ferber n'est pas le créateur de la déprogrammation graduelle, mais il a joué un rôle essentiel en la popularisant et en offrant une méthode spécifique avec des horaires d'interventions prédéfinis, ce qui a facilité son adoption par de nombreux parents souhaitant améliorer le sommeil de leurs enfants.

Concrètement, la mise en pratique de ces méthodes implique de placer l'enfant éveillé dans son lit, puis de quitter la pièce. Au cours des premiers jours, en cas de pleurs, les parents n'interviennent qu'après 5 minutes, restent de 2 à 3 minutes pour rassurer l'enfant verbalement sans contact physique, puis quittent la pièce. Ensuite, les intervalles d'intervention augmentent progressivement, passant à 10 minutes, 15 minutes, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'enfant s'endorme.

B. Les autres méthodes de déprogrammation graduelle

D'autres méthodes utilisant des plages de temps différentes, telles que 3, 5, 7 minutes ou même la technique des 15 secondes. Le principe général demeure le même, mais ce sont les intervalles de temps ou les durées d’interventions qui varient.

Une autre méthode notable est la "Méthode Weissbluth" développée par le Dr. Marc Weissbluth, un pédiatre spécialisé dans le sommeil. Cette méthode, également connue sous le nom de "Fermer la porte doucement" (ou "Gradual Extinction"), repose sur l'établissement d'une routine de sommeil pour l'enfant. Les parents placent leur enfant au lit, puis quittent la pièce. Ils reviennent à intervalles de temps prédéfinis pour des visites de réconfort, mais n'interagissent pas avec l'enfant pendant ces visites.

Bien que ces méthodes aient été développées par divers professionnels de la santé et chercheurs en sommeil pour aider les enfants à améliorer leurs habitudes de sommeil, il est important de noter que chez Fée des nuits, notre approche se concentre sur des méthodes plus douces qui favorisent l'accompagnement du sommeil des enfants.

En conséquence, nous ne préconisons pas les méthodes d'extinction, qu'elles soient progressives ou pures. Notre objectif est de vous fournir des informations pour prendre des décisions parentales éclairées, en respectant le chemin unique de chaque famille, sans jugement.

  III.         Le Sommeil Intuitif, explications :

En opposition à ces méthodes, certaines familles adoptent ce que l'on appelle le "sommeil intuitif." Cette approche consiste à laisser l'enfant décider de l'heure de son coucher et de son réveil. Cependant, il est important de se demander si cette méthode est favorable au développement de l'enfant.

A. Comprendre le Sommeil Intuitif

Le sommeil intuitif est une méthode d'éducation venue des États-Unis, adoptée par certains parents. Concrètement, elle laisse l'enfant choisir en toute autonomie l'heure à laquelle il souhaite dormir et se réveiller le matin. Cette liberté peut conduire à des horaires de coucher variés, que ce soit à 20 heures, 23 heures, voire même au milieu de la nuit, avec un réveil à 13 heures, par exemple. Dans ce scénario, les parents laissent le tout-petit gérer son cycle de sommeil selon ses envies.

B. Avantages et Inconvénients

Chez Fée des nuits, tout comme Catherine Salinier, pédiatre et membre de l'AFPA, nous déconseillons le sommeil intuitif. Pourquoi ? « Parce que le cycle de sommeil normal, que ce soit pour un enfant ou un adulte, implique de dormir la nuit et d'être actif le jour. Notre organisme fonctionne de cette manière. Lorsque la nuit tombe, certains récepteurs sur la rétine informent directement l'hypothalamus de la luminosité extérieure. En conséquence, lorsque la nuit s'installe, le cerveau déclenche la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil. Si un enfant vit la nuit et dort le jour, son cycle de sommeil sera perturbé. »

Cependant, il est important de noter que tolérer une marge d'une heure avant le coucher ne pose généralement pas de problème. Le "sommeil intuitif" est principalement applicable aux nouveau-nés, lorsque les parents s'adaptent au rythme de leur nourrisson. Toutefois, dès l'âge de 3-4 mois, il est essentiel d'établir un rythme de sommeil précis pour les tout-petits. En outre, les besoins en sommeil varient en fonction de l'âge de l'enfant. Certains sont de gros dormeurs, tandis que d'autres ont besoin de moins de sommeil.

 

Au-delà, les experts s'accordent généralement à déconseiller le sommeil intuitif, en soulignant que les enfants ont besoin d'une routine de sommeil pour leur développement physique et émotionnel.

En moyenne, les nouveau-nés dorment environ 16 à 17 heures. À l'âge de 6 mois, ils nécessitent environ 14 à 15 heures de sommeil. À 1 an, 14 heures de sommeil sont recommandées, et à 3 ans, un bébé a besoin de 12 à 13 heures de sommeil.

C. Les Conséquences du Sommeil Intuitif sur Bébé

Une nuit de sommeil de qualité favorise la croissance, la consolidation de la mémoire et le développement du cerveau chez les enfants. Si l'horloge biologique de l'enfant est perturbée, cela peut avoir des conséquences sur son développement. « Les enfants qui dorment mal ou insuffisamment par rapport à leurs besoins sont souvent irritables, agités et fatigués. »

Pour compenser leur dette de sommeil, ils peuvent avoir besoin de dormir en journée, ce qui peut entraîner des problèmes de concentration et d'attention lorsqu'ils sont à l'école. De plus, la qualité de leur sommeil peut se détériorer, et ils peuvent rencontrer des difficultés à s'endormir la nuit.

D. L'Importance d'une Routine de Sommeil

Chez Fée des nuits, nous ne préconisons pas la fixation d'horaires de sommeil stricts, mais nous encourageons la mise en place de périodes de sommeil régulières. Ces horaires peuvent être adaptés en fonction des besoins de l'enfant et du mode de vie familial. Par exemple, si un enfant n'a pas d'école le lendemain, il peut être autorisé à rester éveillé jusqu'à 22 heures. Cependant, lorsque l'enfant a une journée scolaire ou doit se rendre à la crèche ou chez la nounou, il est essentiel d'ajuster son cycle pour garantir un réveil en pleine forme le matin.

En résumé, il est préférable d'offrir une nuit de sommeil à l'enfant et de le maintenir éveillé pendant la journée, conformément à son cycle naturel, plutôt que de le laisser décider seul de ses horaires de sommeil. Ce principe est valable pour la plupart des enfants, à l'exception des nouveau-nés pour lesquels une plus grande flexibilité peut être tolérée.

Conclusion : Le sommeil des bébés et des enfants est un sujet complexe, et il n'y a pas de solution universelle qui convienne à tous. Chaque enfant est unique, tout comme ses besoins en sommeil. Au lieu de suivre aveuglément des méthodes basées sur des mythes ou des généralisations, il est important de prendre en compte les besoins individuels de chaque enfant.

Si vous rencontrez des difficultés avec le sommeil de votre enfant, il est judicieux de consulter un spécialiste du sommeil pédiatrique pour obtenir des conseils adaptés à votre situation particulière.

Chez Fée des Nuits, nous sommes là pour vous aider à comprendre et à accompagner le sommeil de votre enfant de manière bienveillante et respectueuse de ses besoins. N'hésitez pas à prendre rendez-vous pour en savoir plus sur nos approches douces et efficaces.

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